La photographie numérique est un formidable outil de communication pour nos patients (motivation, explication de plan de traitement …) mais également pour communiquer entre confrères (courriers, courriel, cas cliniques déposés sur des sites professionnels …).
Devant la facilité d’utilisation des appareils disponibles sur le marché (compact ou réflex) nous sommes amenés à réaliser un grand nombre de clichés de nos patients et notamment intra-buccaux.
La réalisation de ces clichés nécessite un matériel spécifique et une méthodologie particulière pour éviter les erreurs classique de la photographie intra-buccale : erreur de cadrage, flou, mauvaise profondeur de champs et mauvaise gestion de l’éclairage.
Concernant les appareils photographiques numériques, il convient de se rapprocher des professionnels de la photographie qui vous donneront les réglages propres à votre appareil et spécifiques à l’usage dentaire.
Le but de cet article est de voir quels sont les outils indispensables à la réalisation de ces clichés intra-buccaux et surtout quelle méthode mettre en œuvre pour standardiser vos prises de vues et éliminer les déchets dans vos photos.
Avant toute chose, il convient de prendre ses clichés dans un environnement lumineux maitrisé et il faut donc éteindre votre scialitique. Le patient sera de préférence en position allongée face aux éclairages situés au plafond (éclairage lumière du jour).
Matériels pour les clichés intra-buccaux :
- Les écarteurs : ils peuvent être en plastique ou en métal. Ils doivent être autoclavables. Il existe sur le marché des écarteurs unilatéraux ou bilatéraux. Ces écarteurs doivent vous permettre d’écarter les lèvres et les joues du patient sans les blesser et facilement (mise en place aisée). Certains modèles ont des tailles adulte et enfant permettant ainsi de s’adapter à la morphologie de nos patients.
- Les miroirs : ils sont indispensables en photographie intra-buccale car ils vont vous permettre de réaliser des vues latérales et occlusales d’excellente qualité. On distingue donc les miroirs latéraux et les miroirs occlusaux (Fig. 1 et 2). Ils doivent également être autoclavables. Pour éviter la buée sur les miroirs pendant la prise de vue, vous pouvez les passer au préalable dans l’eau chaude et les essuyer ensuite avant de prendre votre photo.
- les vues de face :
Il faut utiliser un écarteur bilatéral. La qualité de ce cliché va dépendre essentiellement de la gestion du cadrage. Il faut veiller à ce que les repères de visée horizontaux soient dans l’alignement du bord libre des dents et que les repères de visée verticaux soient alignés sur les freins médians de la lèvre supérieure et inférieure (Fig. 3).
Le rapport d’agrandissement sera fonction de la zone que vous voulez mettre en évidence. Il faut veiller toutefois à éliminer les zones qui ne servent pas à donner des informations sur la photo : écarteur, joues et lèvres.
La mise au point devra être faite sur les incisives latérales pour une meilleure gestion de la profondeur de champs.
Votre flash doit vous permettre d’avoir un rayon lumineux incident non perpendiculaire aux dents pour éviter l’écrasement du relief et l’éblouissement due à la réflexion de la lumière sur l’émail.
Pour ces vues, nous n’utilisons pas d’écarteur, c’est le miroir qui sert d’écarteur. L’aide de l’assistante est préférable pour vous permettre de vous concentrer sur votre cadrage et sur la mise au point (qui devra être faite sur la zone prémolaire) tandis que l’assistante tient le miroir en bouche.
La position du praticien va dépendre du secteur à photographier. Il se tiendra à gauche du patient pour les secteurs 1 et 4 (Fig. 4 et 5) et à la droite du patient pour photographier les secteurs 2 et 3 (Fig. 6 et 7).
Le miroir est inséré entre la joue et les dents bouche ouverte puis le patient ferme doucement. Le miroir doit être positionné le plus en arrière possible pour permettre d’avoir toutes les dents visibles sur le cliché et angulé à environ 45° vers l’extérieur par rapport aux dents.
Attention à l’incidence de la lumière sur les flashs macro bilatéraux. Vous devez faire varier l’intensité de chaque tube en fonction du secteur à photographier pour éviter une zone d’ombre au niveau des molaires :
o tube de droite plus fort que le tube de gauche pour prendre en photo les secteurs 2 et 3
o tube de gauche plus fort que le tube de droite pour prendre en photo les secteurs 1 et 4
- les vues occlusales :
Ces vues nécessitent l’utilisation d’un écarteur bilatéral et d’un miroir occlusal. L’écarteur est mis en place, le patient garde la bouche grande ouverte puis le miroir est positionné jusqu’à la zone rétro-molaire.
Pour réaliser un cliché des dents maxillaires, le miroir est en appui sur les incisives mandibulaires et la partie postérieur de celui-ci contre les tubérosités. Le praticien se tient alors derrière le patient (Fig. 8 et 9).
Pour réaliser un cliché des dents mandibulaires, le miroir sera en appui sur les incisives maxillaires et la partie postérieure de celui-ci sera en appui sur la zone rétro-molaire mandibulaire (tenu par l’assistante). Le praticien se tient alors devant le patient (Fig. 10 et 11).
L’incidence du flash doit être perpendiculaire au miroir (les deux tubes ayant la même intensité pour un flash macro bilatéral).
La mise au point est faite sur la papille rétro-incisive au maxillaire et sur la langue à la mandibule.

L’utilisation de cette méthodologie pour prendre vos photos va vous permettre de standardiser la qualité de vos clichés et ainsi éviter de passer du temps à les retoucher informatiquement.
Au final vous aurez ainsi à votre disposition des photos surperposables de bonne qualité au même titre que vous avez des clichés radiographiques superposable grâce à l’utilisation d’angulateurs.
Par le Dr FOUGERAIS Guillaume, formateur Generation Implant, Nantes.











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